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J’entends dire qu’au ciel les maux que nous souffrons ici-bas n’existent plus : là haut plus de matins ni de soirs ; ces matins où la joie passe fugitive ; ces soirs où au contraire les larmes n’en finissent plus de couler. Ah ! si c’en était fini, quelles délices pour moi, tu les sais ! Non là haut il n’y a plus que le jour, un jour où l’on fête sans arrêt la gloire de ta vision, où rien de ce qui pourrait troubler la fête de ton visage ne peut avoir accès. Feu, neige, grêle, ouragans de tempête, à ce que j’entends dire, ne peuvent monter jusque là-haut, tandis que, sur nous, pour obéir à ta parole, ils tombent dru pour nous affliger. Là, ni mort, ni corruption des corps ou des âmes, la peste des troubles est à jamais bannie ; ce n’est que la parfaite harmonie dans la vertu, la félicité, la joie, l’amour de toi qui jouit de son bien, sans la moindre crainte de le perdre à jamais.

J’entends parler de ce jour de fête qu’enchantent les jubilations et les concerts des anges, qu’emplissent de gloire les couronnes des apôtres et des martyrs, où se trouvent, réunis en une seule assemblée, tous ces justes qui, depuis les débuts du monde, t’ont été agréables ; pour toujours ils ont fixé leur demeure au sein de cette fête éternelle. S’il suffit d’en voir deux ou trois réunis en ton nom sur cette terre, et toi au milieu d’eux, pour constater le charme de cette cohabitation, pour la sentir tout imprégnée du parfum de l’Esprit-Saint, – si bien qu’il devient évident pour tous que le Seigneur a répandu en ce lieu sa bénédiction – que dire de celui où tu as réuni tous les saints qui ont placé ton alliance au-dessus des sacrifices et qui, devenus comme des cieux, annoncent ta justice ?

 

Oraisons méditées, 6

 

Benoît : Travail