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Manuscrit de Cîteaux Bucherons

Adam de Perseigne Marie nous a donné Jésus

Toute notre espérance, toute notre consolation se trouve dans celui qu'a mis au monde notre Vierge, dans cette fleur au parfum incomparable. Oh! fleur qui s'épanouit dans un éternel printemps, fleur riche de grâce, toute pleine de gloire, belle de toute beauté ! Quelle suavité inestimable a son odeur, quel charme sans pareil a sa beauté, quelle douceur inépuisable a son goût !

O mon âme, si toujours tu pouvais respirer ce parfum! Oh si on cœur pouvait toujours se délecter dans une telle suavité !...

Tige sortie de la racine de Jessé, ô Vierge digne de toute louange, qui sans te flétrir, as poussé cette fleur et as comblé ainsi de délices les cœurs et des anges et des hommes !

Lettre XXVII à la comtesse de Chartres

Aelred de Rielvaux - Les deux avènements du Seigneur

Ce temps de l'Avent représente les deux avènements de notre Seigneur : d'abord le très doux avènement du « plus beau des enfants des hommes »  du « Désiré de toutes les nations » , du Fils de Dieu qui a manifesté visiblement dans la chair à ce monde sa présence longtemps attendue et ardemment désirée par tous les saints pères : l'avènement où il est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. Ce temps rappelle aussi l'avènement que nous attendons avec une ferme espérance et que nous devons très souvent nous remémorer avec des larmes, celui qui aura lieu lorsque le même Seigneur viendra manifestement dans la gloire...: c'est-à-dire au jour du jugement lorsqu'il viendra manifestement pour juger. Le premier avènement a été connu de très peu d'hommes ; dans le second, il se manifestera aux justes et aux pécheurs comme l'annonce le prophète : « Et toute chair verra le salut de Dieu »


Suivons donc, frères très chers, les exemples des saints pères, ravivons leur désir et embrasons nos esprits de l'amour et du désir du Christ. Vous savez bien que la célébration de ce temps a été instituée pour renouveler en nous ce désir que les anciens pères avaient de la première venue du Seigneur et pour que, par leurs exemples, nous apprenions aussi à désirer son retour. Pensons à tout le bien que le Seigneur a accompli pour nous en sa première venue ; combien plus encore n'en accomplira-t-il pas lorsqu'il reviendra ! Cette pensée nous fera aimer davantage sa venue passée et davantage désirer son retour...

Si nous voulons connaître la paix quand il viendra, efforçons-nous d'accueillir avec foi et amour sa venue passée. Demeurons fidèlement dans les œuvres qu'il nous a manifestées et nous a enseignées alors. Nourrissons en nos cœurs l'amour du Seigneur, et par l'amour, le désir, afin que lorsqu'il viendra, le Désiré des nations, nous puissions porter les yeux sur lui en toute confiance.

 

1er sermon pour l'Avent

Amédée de Lausanne Main de Dieu

C'est le Fils unique du Père qu'on appelle main de Dieu, lui par qui il a créé les siècles. Cette main a agi lorsqu'elle s'est incarnée, non seulement en ne causant à sa Mère aucune blessure, mais encore, selon le témoignage du prophète, en prenant sur elle nos maladies et en se chargeant de nos souffrances.

Assurément cette main, toute pleine de remèdes, toute pleine de médicaments, a guéri toute maladie, elle a écarté toutes les causes de mort et a ressuscité les morts, elle a brisé les portes de l'enfer, enchaîné le fort et enlevé ses armes, ouverts les cieux et répandu l'Esprit de charité dans le cœur des siens. Cette main délivre les prisonniers, éclaire les aveugles, relève ceux qui sont tombés, aime les justes, garde les étrangers, accueille l'orphelin et la veuve. Elle arrache à la tentation ceux qui sont tentés, elle restaure par son réconfort ceux qui souffrent, elle redonne la joie aux affligés, elle abrite sous son ombre ceux qui peinent, elle écrit pour ceux qui méditent les lois, elle touche et bénit les cœurs de ceux qui prient afin que son contact les affermisse dans l'amour et que sa bénédiction les fasse progresser et persévérer dans l'action. Enfin elle les conduit à la patrie et les ramène au Père.

Car si elle s'est faite chair, c'est pour attirer la chair par la chair et, en unissant la chair à la chair pour rapporter par le lien de la charité la brebis errante aux invisibles mystères de Dieu et à l'invisible Père tout puissant.

Homélie mariale 4

Guillaume de Saint-Thierry Le ciel, fête du visage de Dieu

J’entends dire qu’au ciel les maux que nous souffrons ici-bas n’existent plus : là haut plus de matins ni de soirs ; ces matins où la joie passe fugitive ; ces soirs où au contraire les larmes n’en finissent plus de couler. Ah ! si c’en était fini, quelles délices pour moi, tu les sais ! Non là haut il n’y a plus que le jour, un jour où l’on fête sans arrêt la gloire de ta vision, où rien de ce qui pourrait troubler la fête de ton visage ne peut avoir accès. Feu, neige, grêle, ouragans de tempête, à ce que j’entends dire, ne peuvent monter jusque là-haut, tandis que, sur nous, pour obéir à ta parole, ils tombent dru pour nous affliger. Là, ni mort, ni corruption des corps ou des âmes, la peste des troubles est à jamais bannie ; ce n’est que la parfaite harmonie dans la vertu, la félicité, la joie, l’amour de toi qui jouit de son bien, sans la moindre crainte de le perdre à jamais.

J’entends parler de ce jour de fête qu’enchantent les jubilations et les concerts des anges, qu’emplissent de gloire les couronnes des apôtres et des martyrs, où se trouvent, réunis en une seule assemblée, tous ces justes qui, depuis les débuts du monde, t’ont été agréables ; pour toujours ils ont fixé leur demeure au sein de cette fête éternelle. S’il suffit d’en voir deux ou trois réunis en ton nom sur cette terre, et toi au milieu d’eux, pour constater le charme de cette cohabitation, pour la sentir tout imprégnée du parfum de l’Esprit-Saint, – si bien qu’il devient évident pour tous que le Seigneur a répandu en ce lieu sa bénédiction – que dire de celui où tu as réuni tous les saints qui ont placé ton alliance au-dessus des sacrifices et qui, devenus comme des cieux, annoncent ta justice ?

 

Oraisons méditées, 6

 

Guerric d'Igny Connaître Dieu

 Augmente notre foi, conduis-nous de clarté en clarté.

Nous te rendons grâce d’avoir, par ta parole, fait jaillir la lumière des ténèbres, et de l’avoir fait briller dans nos cœurs, pour nous éclairer de la connaissance de la face du Christ Jésus. Oui, la vraie lumière, bien plus la vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, et ton envoyé Jésus Christ. Nous te connaissions déjà, puisque nous connaissons Jésus, car le Père et le Fils sont un. Nous te connaissons par la foi, c’est vrai, et nous la tenons comme un gage assuré de la connaissance dans la vision. D’ici là, pourtant, augment notre foi, conduis-nous de foi en foi, de clarté en clarté, comme sous la motion de ton Esprit, pour que nous pénétrions plus avant chaque jour dans les profondeurs de la lumière !

Épître 2

Aelred