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Manuscrit de Cîteaux Bucherons

Guerric d'Igny Richesses de l'homme

Que de trésors, que de richesses sont cachées dans ce champ qu'est le corps humain, et combien davantage encore dans le secret du cœur ! Oh, si on s'y appliquait, si on y creusait ! Je n'exprime pas ici l'opinion platonicienne selon laquelle , avant d'être unie à son corps, l'âme aurait appris les sciences : ensevelies sous l'effet de l'oubli et par le poids du corps, on devrait les dégager par la discipline et le travail. Non, mais je prétends que les raisons et les dispositions naturelles de l'homme sont, avec l'aide de la grâce, une pépinière de toutes les vertus. Si donc tu rentres dans ton cœur, si tu disciplines ton corps, alors, n'en doute pas, tu trouveras des trésors d'un grand prix

1er sermon pour l'épiphanie

Aelred de Rielvaux Les fruits de l'infusion de l'Esprit en nous

Puisque l'Esprit Saint est appelé Amour, Charité, Bonté, Suavité et tout ce qu'on peut nommer de plus doux, celui-là est plus digne de parler de Lui qui a fréquemment l'habitude de goûter sa suavité et pour qui sa douceur est une réalité familière. Quel signe plus grand de sa dilection notre Seigneur Jésus Christ aurait-il pu nous montrer que celui qui consiste à infuser en nous l'Esprit-Saint qui est amour et unité du Père et du Fils, de sorte que, par le même lien d'unité et de charité en lequel ils sont essentiellement Un, nous devenions d'une certaine manière un en Lui et avec Lui, non par identité de nature mais par adhésion d'esprit, selon ce que dit l'Apôtre : Celui qui adhère au Seigneur devient un seul esprit avec lui ? Pouvait-il montrer plus d'amour pour ses enfants et leur témoigner une plus grande compassion paternelle qu'en allégeant, grâce au raccourci de l'unique précepte, la fardeau de la Loi que ni nous-mêmes ni nos pères ne savions porter, et en menant ce précepte à sa perfection par l'infusion en nous de son Esprit Saint ?

sermon 42

Guerric d'Igny Cela me suffit si Jésus est vivant

Comme cette parole exprime un attachement profond, qu'elle est digne des amis de Jésus ! Quelle est pure, l'affection de celui qui parle ainsi : "Cela me suffit, si Jésus est en vie !"

S'il vit, je vis, car mon âme est suspendue à lui ; bien plus, il est ma vie, et tout ce dont j'ai besoin. Que peut-il me manquer en effet, si Jésus est en vie ? Quand bien même tout me manquerait, cela n'aurait aucune importance pour moi, pourvu que Jésus soit vivant. Si même il lui plaît que je me manque à moi-même, il me suffit qu'il vive, même si ce n'est que pour lui-même. Lorsque l'amour du Christ absorbe ainsi totalement le cœur de l'homme, de telle sorte qu'il se néglige et s'oublie lui-même et n'est plus sensible qu'à Jésus-Christ et à ce qui concerne Jésus-Christ, alors seulement la charité est parfaite en lui. Certes, à celui dont le cœur est ainsi touché, la pauvreté n'est plus à charge ; il ne ressent plus les injures, il se rit des opprobes, il ne tient plus compte de ce qui lui fait du tort, et il estime la mort comme un gain. Il ne pense même pas qu'il meurt, car il a plutôt conscience de passer de la mort à la vie; aussi dit-il avec confiance : "J'irai le voir avant de mourir."

Quant à nous, mes frères, bien que nous ne puissions nous rendre témoignage d'une telle pureté, allons pourtant, allons voir Jésus à la montagne de le Galilée céleste, au lieu qu'il nous a désigné. En avançant vers lui, notre amour grandira, et, au moins quand nous parviendrons au terme, il deviendra parfait. Lorsqu'on avance, la voie d'abord étroite et difficile s'élargit, et les faibles prennent de la force.

Premier Sermon pour la résurrection

Gertrude La joie spirituelle

Le cœur a été créé par Dieu pour contenir la joie spirituelle comme un vase contient de l'eau. Mais si, dans ce vase, d'imperceptibles trous laissent échapper l'eau, à la fin, il peut totalement la perdre et être complètement à sec. Il en est de même de la joie spirituelle renfermée dans le cœur humain, si elle s'écoule par les sens corporels, la vue, l'ouïe et les autres sens laissés libres d'agir à leur gré, elle finit par se perdre et le cœur reste vide de toute joie en Dieu. Chacun peut en faire l'expérience. Si l'envie lui vient d'un regard ou d'une parole inutile ou de peu de profit et qu'il y cède sur-le-champ, la joie spirituelle tenue pour rien s'écoule comme l'eau. Au contraire, s'il s'efforce de se contenir pour l'amour de Dieu, elle croît en son cœur au point qu'à peine peut-il en supporter l'excès. Ainsi, quand l'homme a appris à se dominer en semblables occasions, la joie divine lui devient familière et plus grand aura été l'effort de sa discipline, plus savoureuse seront les délices qu'il découvrira en Dieu.

 

Le Héraut de l'Amour divin, III, xxx, 36

l'EVANGILE AU QUOTIDIEN

Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Jn 6, 68


mercredi 25 mai 2011

Le mercredi de la 5e semaine de Pâques


Saint(s) du jour : St Bède le Vénérable, Docteur de l'Église (+ 735),  St Grégoire VII, pape (+ 1085)

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Saint François Xavier : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage.
Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite :
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Commentaire du jour :

Saint François Xavier (1506-1552), missionnaire jésuite
Lettre du 05/11/1549, n°90, 34-36 (trad. Cerf 1996, p. 119)

« En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire »

Que personne ne nourrisse l'illusion de penser qu'il se signalera dans de grandes choses, s'il ne se signale d'abord dans les choses humbles. Croyez-moi, il y a bien des espèces de ferveurs, et, pour mieux dire, de tentations... Certains, pour ne pas renoncer à leur volonté en exécutant ce que l'obéissance leur prescrit, désirent faire d'autres choses plus importantes, sans remarquer que si l'on manque de vertu pour les petites choses, on en aura encore moins pour les grandes. En effet, quand ils se lancent dans des choses grandes et difficiles, avec peu d'abnégation et de force d'âme, ils en viennent à reconnaître leurs ferveurs pour des tentations, car ils se trouvent alors sans forces...

Je ne vous écris pas cela pour détourner vos cœurs des entreprises les plus ardues, où vous vous signalerez comme de grands serviteurs de Dieu et par où vous laisserez souvenir de vous à vos successeurs. Je le dis seulement pour que, dans les petites choses, vous vous montriez grands, que vous progressiez beaucoup dans la connaissance des tentations et de votre valeur propre, et que vous mettiez toute votre force en Dieu. Si vous persévérez dans cette voie, je ne doute pas que vous ne croissiez continuellement en humilité et vie intérieure, et que vous ne fassiez beaucoup de fruit dans les âmes, vivant dans la paix et la sécurité partout où vous vous trouverez.



 

Saint Bernard Les deux ailes du jeûne

Le jeûne donne à la prière élan intérieur et confiance. Vois en effet comment le jeûne et la prière se conjoignent, selon ce mot de l'Écriture : Le frère aidant son frère, tout deux y trouveront réconfort. La prière reçoit la force de jeûner, et le jeûne obtient la grâce de prier. Le jeûne donne vigueur à la prière, et celle-ci sanctifie le jeûne et l'offre au Seigneur. A quoi en effet, nous servirait le jeûne s'il devait - Dieu nous en préserve - rester au ras du sol ? Qu'il soit donc soulevé par cette aile qu'est la prière. Mais celle-ci, pour ne pas risquer de se montrer insuffisante, a besoin de s'associer à une autre aile. La prière du juste pénètre dans les cieux, dit l'Écriture. Que notre jeûne, pour pénétrer facilement dans les cieux, recoure à ces deux ailes: le prière et la justice.

Or en quoi consiste la justice, sinon à rendre à chacun ce qui lui revient ? Ne prête donc pas attention à Dieu seulement. Tu es débiteur encore envers ceux qui ont charge de toi, comme aussi envers tes frères : et Dieu ne veut pas que tu fasses peu de cas de ceux dont il fait lui grand cas.

Sermon 4 pour le carême.

Benoît : Ecoute